Avril : les premières plantations et semis en pleine terre
Avril sonne avec les premiers vrais rayons de soleil du printemps. Le sol commence à se réchauffer, ce qui marque aussi le redémarrage de la vie biologique. On estime que l’activité du sol reprend réellement au-dessus de 12°C : micro-organismes, vers de terre et champignons se remettent au travail. C’est le signal que la saison de culture démarre doucement.
Il est donc temps de commencer à penser aux premiers semis et plantations de l’année.
À la sortie de l’hiver, à Terre & Humanisme, nos parcelles de cultures se répartissent généralement en trois catégories :
1 — Parcelle avec engrais vert d’hiver (cf figure 2)
Semé en début d’automne, puis occulté pendant environ 1 mois et demi, l’engrais vert nous laisse un sol idéal : riche, fertile, vivant et très facile à greliner. C’est la situation la plus confortable pour démarrer les cultures de printemps.
2 — Parcelle amendée et paillée
La parcelle n’a pas reçu d’engrais vert mais, après la dernière culture d’automne, un apport de compost ou de compostage de surface a été réalisé, puis protégé par un paillage épais durant tout l’hiver.
Le sol reste meuble et riche, mais l’activité biologique est généralement moins intense, en raison de l’absence de plantes vivantes pendant l’hiver.
3 — Parcelle avec cultures d’hiver encore en place
(ex : blettes, poireaux, betteraves…)
Le sol n’a pas été protégé pendant l’hiver. On retrouve souvent une croûte de battance, un sol dur et plus difficile à travailler au printemps.
Sans surprise, l’engrais vert, lorsqu’il est bien conduit, reste un vrai plaisir pour nous, jardiniers de Terre & Humanisme. La différence est nette par rapport à un sol sans soin particulier ni protection adaptée (cas n°3).
Nous aimons alors passer un bon coup de grelinette ou de croc, ajouter un peu de compost préparé avec soin à l’automne (environ 3 à 6 kg/m²), puis un léger coup de râteau. Le sol est prêt pour semer et planter les premiers légumes de l’année.
Après la plantation, et bon arrosage si il fait sec, la vie du sol apprécie particulièrement un paillage de gazon frais. Celui-ci stimule l’activité biologique en surface et nourrit rapidement le sol.
Mais attention à ne pas se précipiter : toutes les plantes ne réagissent pas de la même façon aux températures encore instables. Une blette résistera à de petites gelées, contrairement à une tomate qui y est très sensible.
Par exemple, planter des tomates en pleine terre début avril peut être tentant, surtout avec ce printemps 2026 qui démarre avec des températures presque estivales. Pourtant, le dicton « En avril, ne te découvre pas d’un fil » rappelle que les températures peuvent encore chuter brutalement. Pour les cultures fragiles, c’est souvent la roulette russe : quelques nuits froides suffisent à compromettre toute la plantation.
De manière générale, on recommande de planter les légumes sensibles au froid — tomates, aubergines, poivrons — après les Saints de Glace, les 11, 12 et 13 mai. Cela limite fortement les risques de gel tardif.
En revanche, avril est une excellente période pour lancer une première série de cultures plus résistantes au froid. Vous pouvez dès maintenant semer ou planter :
- blettes
- salades
- betteraves
- roquette
- radis (en séries échelonnées)
- épinards
- pommes de terre
- choux (kale, rave, Milan, etc.)
Dans certaines régions au climat plus doux, notamment dans le sud, il est même recommandé de semer tôt au printemps certaines variétés. En effet, des cultures comme l’épinard ou la pomme de terre supportent mal les fortes chaleurs. Semées trop tard, elles auront tendance à monter en tiges plutôt qu’à se développer correctement et la recolte sera tres limité
Le mot d’ordre du mois d’avril : anticiper sans se précipiter. Profitez de la douceur pour lancer les cultures rustiques, préparez vos sols, et gardez les plants les plus sensibles à l’abri encore quelques semaines. Votre potager vous remerciera.
Le tunnel nantais : une solution simple pour vos premiers semis
Une solution pratique pour vos premiers semis et plantations consiste à réaliser un tunnel nantais. Cette technique consiste à installer, sur des arceaux, soit un voile de forçage, soit une bâche plastique transparente.
L’objectif est de réchauffer les semis et les jeunes plants grâce à un léger effet de serre, particulièrement utile en début de saison.
Il fait chaud ? Pas de panique. Avec ce système, il est très facile d’ouvrir ou de refermer le tunnel pour éviter de faire souffrir — ou brûler — les jeunes plants.
Comment le réaliser ?
- Installer les arceaux
Utilisez des arceaux métalliques (disponibles en jardinerie) ou fabriquez-les vous-même. Pour les bricoleurs, des branches de noisetier, souples et faciles à arquer, fonctionnent très bien. - Espacer les arceaux
Placez-les tous les mètres environ le long de la bande de culture. - Choisir la couverture
Vous pouvez utiliser :
- un voile de forçage type P17
- ou un plastique transparent
On trouve souvent des dimensions standard (par exemple 2 m × 5 m) pour une dizaine d’euros. Pensez à stocker le voile ou la bâche à l’abri l’hiver pour les conserver plusieurs années.
Positionner la bâche (technique du tunnel nantais)
Passez la bâche alternativement au-dessus puis au-dessous de chaque arceau. (cf figure 4)
Important : utilisez un nombre impair d’arceaux afin que la bâche passe au-dessus du premier et du dernier arceau, ce qui facilite la tension.
Mise en place et utilisation
Il suffit ensuite de tendre la bâche entre deux piquets à chaque extrémité, puis de la dérouler sur les côtés.
Ce système permet d’ouvrir et de refermer très facilement le tunnel en cas de forte chaleur, tout en maintenant une bonne protection contre le froid, le vent et les pluies battantes.
Simple, rapide à installer et très efficace, le tunnel nantais est un excellent allié pour réussir les premiers semis de l’année. (cf figure 5)
Article rédigé par Fréderic Fortin, Jardinier-Formateur. Co-auteur pour Terre & Humanisme du livre “Adapter son jardin nourricier au changement climatique”.







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