Pailler son jardin : le geste simple qui change tout

18 Juin 2026 | 0 commentaires

Le paillage fait aujourd’hui partie des pratiques agroécologiques les plus connues et les plus faciles à mettre en place au jardin.

Le principe est simple : il s’agit de recouvrir le sol avec des matériaux naturels afin de le protéger, de limiter l’évaporation de l’eau et, peu à peu, de nourrir la vie du sol. Il existe des paillages organiques, minéraux ou plastiques, mais nous parlerons ici uniquement des paillages organiques, issus de matières végétales.

Pourquoi pailler son sol ?

Limiter les arrosages
Sur un sol nu, le phénomène d’évaporation (pertes d’eau) est 3 fois plus important que sur un sol couvert. Le phénomène de transpiration de la plante est également accru en été lorsque les températures augmentent réchauffant ainsi les racines.
Le paillage agit comme une couverture protectrice : il absorbe une partie de l’eau, maintient l’humidité dans le sol et permet de réduire les besoins en arrosage.

Limiter les plantes indésirables
Une couche de paillage suffisamment épaisse empêche la lumière d’atteindre la surface du sol. Les graines d’adventices, ce que l’on appelle souvent les « mauvaises herbes » ont alors beaucoup plus de mal à germer et à se développer.

Protéger le sol des aléas climatiques
Le paillage protège le sol contre les fortes pluies, le vent, le soleil et les écarts de température.
Il limite notamment le phénomène de battance : sous l’action de la pluie, certains sols riches en limon peuvent se tasser et former une croûte en surface. Cette croûte empêche ensuite l’eau de bien s’infiltrer.
Le paillage ralentit aussi le ruissellement. Lorsqu’elle s’écoule rapidement en surface, l’eau de pluie emporte avec elle de fines particules de terre fertile. Avec le temps, la couche fertile du sol est décapée. On appelle ce phénomène « le lessivage ».
Le paillage permet de retenir ces particules et de préserver la couche vivante du sol.

Améliorer la fertilité
En se décomposant, les paillages organiques produisent de l’humus. Ils nourrissent les organismes du sol et participent à la formation d’un sol plus vivant, plus souple et plus fertile.

Quand pailler ?

Le paillage est particulièrement utile dans les régions aux étés chauds et secs, mais aussi pour les plantations permanentes : arbres, arbustes, haies, petits fruits, vivaces…
Au potager, il est préférable de pailler lorsque le sol est déjà bien réchauffé, humide et désherbé. Si l’on paille trop tôt au printemps, on risque de garder le froid dans le sol et de ralentir le démarrage des cultures.
L’épaisseur est importante : pour être efficace, un paillage doit généralement atteindre 15 à 20 cm, selon le matériau utilisé. Il faudra ensuite le renouveler régulièrement. Sa vitesse de dégradation dépend de la température, de l’humidité, de l’activité biologique du sol et du type de paillage choisi.

Quel paillage choisir ?

Et les autres paillages ?

Les écorces sont des paillages de longue durée. Elles sont parfaites au pied des arbustes ou des rosiers.
Les feuilles d’orties constituent un paillage nutritif, mais elles sont à manipuler avec précaution (ça pique !)

Les fougères se décomposent lentement. Elles sont donc intéressantes pour les vivaces, les légumes d’été ou les cultures d’automne-hiver.
Il est utile de varier les paillis. L’utilisation répétée de thuya, de cyprès ou d’aiguilles de pin pendant plusieurs années peut, par exemple, conduire à une acidification progressive du sol.

Le meilleur paillage ? Parfois, ce sont les plantes elles-mêmes

L’un des meilleurs moyens de couvrir son sol est aussi de planter serré. Lorsque les légumes se développent, leurs feuilles finissent par couvrir naturellement la surface du sol. Elles limitent alors l’évaporation, protègent la terre du soleil et réduisent la place disponible pour les adventices.

Quelques précautions

Un paillage trop épais ou placé trop près du collet, la zone située entre la tige et les racines, peut étouffer certaines jeunes plantes.

 

Les paillages très humides et peu aérés, comme les tontes fraîches ou les déchets de légumes, peuvent aussi attirer les limaces s’ils sont utilisés en couche trop importante.
Comme souvent au jardin, tout est une question d’observation : le bon paillage est celui qui répond aux besoins du sol, des plantes et de la saison.

Article écrit par Bérengère Roche, formatrice-animatrice et jardinière à Terre & Humanisme.

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